juin
2010
Toutes
les
de
Jean
Belotti
![]() ![]() ![]() Pour que la réponse à votre question soit complète et persuasive, elle doit être un peu plus longue que d’habitude. 1/- Tous les enquêteurs (techniques et
judiciaires), que ce soit
en France ou dans d’autres
pays, sont, de toute évidence, issus de divers
organismes (Administration, Compagnie
aériennes,
Constructeur,
Motoristes, Laboratoires,
etc...) au sein desquels ils
ont pu développer leur spécialisation. Ce
n’est pas parce qu’ils y ont acquis
leur
expérience
dans des disciplines de pointe, qu’ils
sont dépendant desdits
organismes, lorsqu’ils exercent leur mission d’enquêteur
ou d’expert. L'insistance qui
est mise sur leur dépendance pour les
discréditer n'est donc qu'un leurre.
2/- Pour compléter cet évident constat,, afin de démontrer combien il est vain d'essayer de faire croire qu'il existe un lien de cause à effet entre dépendance et honnêteté des enquêteurs, j'apporterai une explication, une raison et un témoignage. Les experts judiciaires, ceux de la Commission d'Enquête, ceux du BEA, doivent, pour une oeuvre commune, prendre en compte des centaines de données, voire des milliers. Initialement, ces données sont éparses. Il faut donc, d'abord, les trouver, les analyser, puis les regrouper. Les experts, face à ces milliers de données, se trouvent dans la même situation que la personne qui vient d'ouvrir une boîte de mille morceaux en vrac d'un puzzle à reconstituer. Avec persévérance, patience, les morceaux seront identifiés et assemblés, jusqu'à ce que l'image prenne, partiellement, forme. Des parties du puzzle seront plus difficiles que d'autres à reconstituer. Mais, en fin de compte, même si quelques pièces manquent, le tableau final apparaîtra dans sa globalité. Imaginons que ce tableau soit un paysage représentant des champs recouverts de neige avec des enfants, entassés sur des luges glissant sur la route et des personnages, chaudement habillés, marchant avec précaution sur une route glissante. Sans risque de se tromper, on pourra affirmer qu'il s'agit bien d'un paysage d'hiver. Eh bien, la mission des experts s'apparente à cette reconstitution d'un puzzle, composé d'éléments factuels, rationnels et bien identifiés. Dans cette reconstitution, l'expert ne peut échapper à la rigueur, à l'objectivité, à l'honnêteté, à l'impartialité, qui doivent guider son comportement. En effet, il lui est impossible de déformer la réalité. Le ferait-il, que cela ne passerait pas inaperçu. Remplacer un morceau blanc du puzzle dans le champ de neige, par un morceau vert d'une herbe, parsemée de marguerites, sauterait, aussitôt, aux yeux de n'importe quel observateur. Il peut arriver que quelques morceaux du puzzle manquent, mais cela n'a pas d’effet sur la perception du tableau final. Certes, on ne peut écarter le cas où de très nombreuses pièces du puzzle n'ont pu être identifiées, auquel cas, les experts ne peuvent alors qu'émettre des hypothèses étant, par honnêteté intellectuelle, dans l'incapacité de conclure et de donner un avis motivé. Il est exclu que leur avis soit fondé sur leur “intime conviction”. Nous venons de voir pourquoi un expert ne pouvait pas, d'une façon isolée, "tricher". Quid d'une complicité de plusieurs acteurs en vue d'une manipulation, d'une falsification, d'une substitution, d'une déformation des faits? La réponse est simple. Cette complicité est impossible pour les trois raisons suivantes: -
Dans les expertises modernes, le nombre d'experts,
intervenant dans une affaire,
est tel, que tout acte de malveillance devrait avoir
reçu l'approbation de plusieurs
confrères,
étant,
alors, nécessairement
"mis dans le coup"!
- Pour obtenir la participation à de telles actions, des instructions, exécutables instantanément, devraient, alors, être données, simultanément, à plusieurs organismes (Administration de tutelle, Constructeurs, Gendarmerie, Laboratoires, Justice,...), afin que la cohérence soit conservée, entre tous les éléments de preuve. - De telles dispositions obligeraient de très nombreuses personnes impliquées dans l'opération, au respect du "secret". Or, dans le contexte de l'organisation de l'aéronautique civile française, une telle opération est inimaginable, même en supposant qu'elle puisse être motivée par un souci de "protéger" des intérêts économiques ou politiques. En effet, il n'y a pas de réponse à la question de savoir quelle serait la "personne" qui aurait, simultanément, non seulement l'autorité nécessaire pour imposer sa volonté, mais, également, la capacité d'imposer le secret ? En ce qui concerne l'éventualité d'une complicité collective, se situe celle relative à la falsification des “boîtes noires”. Or, démonstration scientifique a été faite que, grâce aux moyens d'investigation actuellement à la disposition des experts, toute falsification peut rapidement être démasquée d'une façon certaine. Ayant, pendant une vingtaine d’années, diligenté des travaux avec des experts du BEA, des ingénieurs et techniciens des constructeurs, motoristes et équipementiers, j'ai pu constater leur haut niveau de conscience professionnelle, leur honnêteté intellectuelle, la rapidité avec laquelle ils ont, tous, accepté de coopérer à la recherche de la manifestation de la vérité. Il en résulte que l'hypothèse d'une participation "volontaire" ou "commandée" de ces personnes à des opérations collectives inavouables est donc à écarter, sans aucune restriction. Un dernier commentaire sur la déclaration selon laquelle “La seule autorité dont nous ne doutons absolument pas, et qui montre une véritable volonté de recherche de la vérité, ce sont les juges d'instruction". C’est ignorer que c’est le magistrat instructeur qui a désigné le ou les experts, en toute connaissance de cause et que les travaux qu’ils ont diligentés, l’ont été sous son contrôle effectif et permanent. Il est donc régulièrement informé de l’avancement des travaux et des premiers constats. C’est lui qui oriente l’enquête et prend les dispositions adaptées à la manifestation de la vérité. Il y a donc contradiction dans la déclaration dudit défenseur puisque ce dernier simultanément reconnaît la qualité des magistrats, tout en réfutant celle des experts alors que magistrats et experts sont en permanence solidaires pendant toute la durée de l’enquête, jusqu’au dépôt du rapport final ! ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() Effectivement, le ralentissement de l’économie mondiale est un accélérateur des concentrations. Les faits montrent que les enjeux étant de plus en plus importants, elles ne sont concrétisées qu’après de longues négociations.. Cette recherche d’économies d’échelles et de synergies entre méga-compagnies est probablement et aussi justifié par la rapide croissance des compagnies “lowcost”, lesquelles, également, ne manqueront pas de se regrouper, à plus ou moins brève échéance. Le processus est irréversible et je l’avais présagé et décrit en 1976 (thèse de doctorat d’Etat “L’économie du transport aérien). ![]() ![]() ![]() Malheureusement, aucun signe de reprise, ce qui fait dire à l’IATA que les pertes du secteur devraient atteindre, en 2010, les 3 milliards d’€, en entraînant d’autres vagues de faillites, dont les grandes compagnies ne sont pas à l’abri. S’ajoute à ce triste bilan, l’émergence et le succès des compagnies “low-cost” qui font une "cut throat” concurrence aux autres compagnies. Exemple, Ryanair va transporter plus de passagers que tous les avions d’Air France-KLM réunis. Les “low-cost” qui tiennent déjà près d’un tiers du marché mondial et 80% du trafic intra-européen hors correspondances, devraient, selon les prévisions, assurer 50% des vols d’ici 2013. S’ajoute également une autre catégorie de concurrents des grandes compagnies (que je nommerai les “low-cost pétrodollars”) lesquelles, avec une flotte ultramoderne et également et surtout des “hubs” idéalement situés à mi-chemin entre l’Europe et l’extrême Asie -Emirates (Dubaï), Etihad (Abu Dhabi) ou Qatar Airways- sont à même d’accaparer une vaste clientèle, grâce à des tarifs nettement plus bas que ceux pratiqués par les autres grandes compagnies. Jusqu’à présent, il n’y a eu aucun signe d’impact sur la sécurité des vols. En revanche, comme cela est déjà visible, de profondes modifications de la structure de secteur continueront à se développer, comme je l’ai indiqué dans ma précédente réponse. — *** --- |
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